À deux mois des élections de mi-mandat, la polémique enfle aux États-Unis autour des caméras de vidéosurveillance Flock. Ces lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation, dotés d’intelligence artificielle, sont de plus en plus utilisés par les forces de l’ordre, mais suscitent une vive inquiétude sur la protection de la vie privée.
L’entreprise Flock a installé plus de 120 000 caméras à travers le pays et équipe environ 40 % des agences de maintien de l’ordre. Ses systèmes seraient capables de scanner plus de 20 milliards de plaques chaque mois, grâce à un réseau associant policiers, shérifs, entreprises, commerces et copropriétés. Conçues à l’origine pour faciliter les enquêtes, ces technologies sont désormais accusées d’avoir été détournées à plusieurs reprises. Des policiers auraient notamment utilisé les données pour surveiller leurs compagnes ou ex-compagnes. Des cas de profilage de manifestants ont également été signalés, ainsi qu’une utilisation des données pour rechercher si une femme s’était rendue dans une clinique pratiquant l’avortement au Texas.
La riposte des élus et des citoyens
Face aux controverses, des organisations citoyennes cartographient les caméras et font pression sur les autorités. Depuis début août, plusieurs dizaines de communes ont rompu leurs contrats avec Flock. Au Texas, le financement de ces dispositifs a été gelé, tandis que la Floride en a interdit l’utilisation sur les autoroutes. Sous pression, Flock a réduit de 30 à 7 jours la durée de conservation des données. Mais la controverse pourrait désormais peser sur les élections du 3 novembre, certains candidats étant appelés à justifier leur recours à ces systèmes de surveillance, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI








