La mobilisation internationale s’intensifie face à la résurgence de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Réunis à New York autour de la riposte à l’épidémie, les membres du G20 et leurs partenaires ont annoncé environ 2,6 milliards de dollars d’engagements, dépassant les deux milliards de dollars initialement attendus.
L’annonce a été faite par Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Cette enveloppe doit permettre d’accélérer la réponse sanitaire, notamment en RDC et en Ouganda. Parmi les contributions annoncées, les États-Unis ont promis 267 millions de dollars supplémentaires, portant leur aide directe à 887 millions de dollars. Le Japon s’est également engagé à apporter 5 millions de dollars additionnels à la RDC et à l’Ouganda.
Les fonds mobilisés doivent soutenir plusieurs volets de la riposte, notamment les services de santé publique, l’assainissement et le contrôle aux frontières. La contribution américaine doit notamment financer des unités de traitement, des équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés, des équipements de protection individuelle ainsi que des opérations de surveillance épidémiologique et de suivi des contacts.
Des besoins toujours importants sur le terrain
Pour Jean Kaseya, l’effort financier doit désormais se traduire rapidement par un renforcement des capacités locales. Le responsable d’Africa CDC plaide notamment pour une approche davantage centrée sur les communautés et les villages, ainsi que pour l’amélioration de la prise en charge des malades et de l’accès aux vaccins et aux médicaments.
Les besoins restent particulièrement importants dans l’est de la RDC. Un rapport daté du 21 septembre indique que, dans le Nord-Kivu, 64 des 338 patients hospitalisés étaient pris en charge dans des structures ne répondant pas aux normes requises. À Butembo et Katwa, aucun lit n’était alors disponible dans les centres de santé concernés. Le même rapport fait état d’acteurs communautaires restés impayés pendant plus de quatre mois.
Africa CDC avait également alerté, dans son briefing du 17 septembre, sur plusieurs déficits de financement. Il manquait notamment 11 millions de dollars pour deux protocoles liés au vaccin Ervebo et 3,6 millions de dollars pour l’essai clinique de phase 3 Solidarity.
Jean Kaseya insiste par ailleurs sur la nécessité d’assurer une gestion rigoureuse des ressources mobilisées. Il souhaite que les financements parviennent directement aux acteurs qui en ont besoin et que leur utilisation puisse faire l’objet d’un suivi précis.
Une épidémie particulièrement meurtrière
La RDC fait actuellement face à sa 17e épidémie de maladie à virus Ebola. Partie de la province de l’Ituri et officiellement déclarée à la mi-mai, elle s’est rapidement étendue dans plusieurs zones de l’est du pays.
Selon le dernier bilan communiqué par l’Institut national de santé publique (INSP), l’épidémie a déjà fait 3 759 morts parmi 7 773 personnes contaminées. Ces chiffres en font, en quelques mois, l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, renforçant l’urgence d’une réponse internationale durable et directement opérationnelle sur le terrain.








