Le procès de deux hauts gradés de l’armée congolaise s’ouvre ce vendredi devant la Haute Cour militaire, à Kinshasa. Les généraux-majors Robert Anvul Yav et André Ehonza Uketi sont poursuivis notamment pour « lâcheté » face aux rebelles de l’AFC/M23 lors de la chute de Bukavu, au Sud-Kivu, en février 2025. Ils encourent la peine de mort.
À l’époque, Robert Anvul Yav commandait la région militaire du Sud-Kivu, tandis qu’André Ehonza Uketi dirigeait les opérations Sukola 2 Nord dans une partie de la province. Leur procès intervient plus d’un an et demi après leur arrestation et leur placement en détention.
Quelques jours avant l’entrée des rebelles dans Bukavu, Robert Anvul Yav avait quitté la ville pour installer son quartier général à Nyangezi, à une vingtaine de kilomètres. Il aurait tenté d’y réorganiser les forces congolaises en repli, alors que des éléments de l’armée étaient également accusés de pillages. André Ehonza Uketi avait rejoint ce dispositif après le repli des forces armées consécutif à la prise de Minova, Kalehe et Kavumu.
Selon le ministère public, les deux officiers auraient renoncé à organiser une contre-offensive. Robert Anvul Yav est notamment accusé d’avoir « cédé » Bukavu aux rebelles avant de rejoindre clandestinement Nyantende, puis Nyangezi. André Ehonza Uketi est, de son côté, soupçonné d’avoir contribué à la panique au sein des troupes en surestimant les capacités militaires de l’ennemi.
Lors de leurs auditions devant le renseignement militaire et l’auditorat général, les deux généraux avaient toutefois soutenu que les rebelles disposaient d’une supériorité en hommes et en équipements. Robert Anvul Yav est également poursuivi pour avoir, à Lumbishi, dans le territoire de Kalehe, remis à des miliciens Wazalendo considérés comme des « troupes amies » des mortiers de 82 millimètres et des armes PKM. Certaines munitions auraient été périmées et plusieurs armes défectueuses.








