Info Premiere

A la Une

10:50
Suivez Nous:

Site d’information générale axé sur la rapidité et l’exclusivité, InfosPremière met en avant les faits marquants et les dernières nouvelles pour un public en quête d’actualité instantanée.

Contact Rapide

Info PremiereActualitésSociété‎Venezuela : Mutinerie et cris de torture dans une prison de Barina

‎Venezuela : Mutinerie et cris de torture dans une prison de Barina

Le dimanche 24 mai 2026, des centaines de détenus de l’Internat judiciaire de Barinas (Injuba), dans l’ouest du Venezuela, ont pris le contrôle de l’établissement et mis le feu à des matelas pour protester contre les mauvais traitements qu’ils affirment subir depuis l’arrivée d’un nouveau directeur il y a une dizaine de jours.

‎Selon l’Observatoire vénézuélien des prisons, qui a diffusé plusieurs vidéos de l’événement, quelque 1 200 hommes et plus de 100 femmes se sont déclarés en grève. On y voit des détenus, le visage dissimulé, debout sur les toits de la prison, entourés d’épais nuages de fumée noire, brandissant des banderoles portant les mentions « SOS » et « On nous torture ». Certains filment leurs cellules grandes ouvertes ; d’autres réclament la destitution du nouveau directeur, accusé d’avoir ordonné coups, tortures et suspension des visites.
‎‎
‎Des témoignages accablants
‎‎Réunies par dizaines devant l’entrée de la prison, les familles des détenus ont tenté en vain d’empêcher l’intervention de la Garde nationale, survenue dans l’après-midi. Yelitza Arroyo, sans nouvelles de son fils depuis le 8 mai, a décrit des sévices d’une extrême violence : coups, décharges électriques, jets d’eau froide et brûlures. « Nous voulons la destitution du directeur », a-t-elle lancé. Sur l’une des vidéos, un détenu apparaît blessé par ce qui ressemble à des tirs de chevrotine. « Ils nous tirent dessus », s’exclame une voix hors champ. Dans la nuit de dimanche à lundi, les autorités ont procédé au transfert de détenus vers d’autres établissements du pays.

‎Un système carcéral sous pression

‎Si la prison de Barinas n’est pas connue pour abriter des prisonniers politiques, cette mutinerie survient dans un contexte de surveillance accrue des conditions de détention au Venezuela. Depuis l’enlèvement de Nicolas Maduro par les États-Unis en janvier et l’accession de Delcy Rodriguez à la présidence par intérim, les ONG multiplient les signalements de surpopulation carcérale et de violations des droits humains. ‎‎En avril, le gouvernement avait reconnu la mort de cinq personnes lors d’une mutinerie à la prison de haute sécurité de Yare III. En 2023, Maduro avait déjà ordonné une opération militaire pour reprendre le contrôle d’établissements gangrenés par les gangs. Delcy Rodriguez a depuis promis une réforme judiciaire ; une loi d’amnistie, adoptée sous pression de Washington, a permis la libération d’au moins une trentaine de prisonniers politiques la semaine dernière, dont certains étaient incarcérés depuis plus de vingt ans. Selon l’ONG Foro Penal, plus de 450 prisonniers politiques se trouvent encore derrière les barreaux dans le pays, rapporte Rfi.

Norbert MEGAN YAOVI

Partager:

Leave a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires

Tags