Le géant chinois Huawei affirme avoir franchi une étape majeure dans la course mondiale aux semi-conducteurs. L’entreprise a annoncé, lundi 25 mai, avoir développé un procédé capable de produire, d’ici quelques années, des puces de 1,4 nanomètre, une avancée technologique qui pourrait bouleverser l’équilibre du secteur de l’intelligence artificielle.

Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions entre la Chine et les États-Unis autour des technologies stratégiques. Depuis 2019, Washington impose en effet de lourdes sanctions à Pékin afin de limiter son accès aux équipements et logiciels indispensables à la fabrication des puces électroniques les plus avancées. Les autorités américaines considèrent ces technologies comme un enjeu majeur de sécurité nationale. Malgré ces restrictions, Huawei assure désormais être en mesure de produire des semi-conducteurs de nouvelle génération capables d’alimenter et d’entraîner des systèmes d’intelligence artificielle. Si cette promesse se concrétise, la Chine pourrait avoir réussi à contourner en un temps record les barrières technologiques mises en place par les États-Unis. L’un des éléments les plus marquants de cette annonce concerne la possible indépendance de Huawei vis-à-vis des machines de lithographie à ultraviolet extrême (EUV). Ces équipements, considérés comme essentiels pour fabriquer des puces de moins de 5 nanomètres, sont aujourd’hui contrôlés par un nombre très limité d’acteurs occidentaux.
Pour Christophe Lesur, directeur de Cloud Temple, les sanctions américaines ont paradoxalement accéléré le développement technologique chinois. Selon lui, la difficulté d’accès aux technologies américaines a poussé Pékin à investir massivement dans son industrie des semi-conducteurs afin de développer ses propres solutions. Cette montée en puissance pourrait représenter une menace directe pour Nvidia, leader mondial du marché des puces destinées à l’intelligence artificielle. Jusqu’à présent largement dominant, le groupe américain pourrait voir émerger un concurrent capable de rivaliser sur les technologies les plus avancées. La Chine dispose également d’un autre atout stratégique : le raffinage des terres rares, indispensables à la fabrication des composants électroniques de pointe. Pékin pourrait ainsi utiliser cette position dominante pour favoriser ses industriels nationaux et renforcer davantage son autonomie technologique. À travers cette annonce, Huawei confirme la volonté de la Chine de devenir un acteur incontournable dans un secteur considéré comme essentiel à l’économie et à la souveraineté technologique mondiale, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI








