Le parquet national financier (PNF) a annoncé, mercredi, l’ouverture d’une enquête visant l’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin pour des faits présumés de « recel de détournement de fonds publics » dans le cadre de l’affaire des statuettes reçues lorsqu’il occupait les fonctions de ministre des Affaires étrangères entre 2002 et 2004.

Dans un communiqué, le PNF précise que l’enquête a été ouverte « des chefs de recel de détournement de fonds publics et toutes infractions connexes », à la suite des révélations diffusées fin avril dans l’émission « Complément d’Enquête » sur France Télévisions. Au cours de cette émission, le lobbyiste franco-libanais Robert Bourgi, connu pour ses liens avec les réseaux de la « Françafrique », a affirmé avoir servi d’intermédiaire dans l’acquisition de deux statuettes de Napoléon destinées à Dominique de Villepin. Selon ses déclarations, les objets auraient été financés par l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré ainsi que par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. Robert Bourgi a indiqué que les deux statuettes avaient été achetées pour des montants respectifs de 75 000 et 50 000 euros, soit une valeur totale estimée à 125 000 euros. Le 10 mai dernier, Dominique de Villepin, considéré comme un possible candidat à la prochaine élection présidentielle française, avait reconnu avoir commis « une erreur » en acceptant ces cadeaux, tout en niant toute illégalité. Les investigations devront désormais établir les circonstances exactes dans lesquelles ces présents ont été remis et déterminer si leur acceptation est susceptible de constituer une infraction pénale au regard des règles applicables aux responsables publics en France. À ce stade, l’ancien chef du gouvernement français n’a pas réagi publiquement à l’ouverture de cette enquête, rapporte TRT Africa.
Norbert MEGAN YAOVI








