Le drame soulève une vive polémique au Venezuela. Sur les 146 migrants expulsés des États-Unis et rapatriés à Caracas le 24 juin 2026, seule une poignée aurait survécu à l’effondrement d’un hôtel de Macuto frappé par un puissant double séisme. Des témoignages accusent les services de renseignement vénézuéliens d’avoir empêché les occupants de fuir au moment des secousses, alimentant les appels à une enquête indépendante.
Le 24 juin 2026, le Venezuela a été frappé par un double séisme de magnitude 7,2 puis 7,5, provoquant une catastrophe humanitaire d’une ampleur exceptionnelle. Parmi les victimes figurent 146 migrants vénézuéliens – 120 hommes, 19 femmes et 7 enfants – expulsés des États-Unis quelques heures auparavant et rapatriés à Caracas. À leur arrivée, ils ont été pris en charge par le Service bolivarien de renseignement national (Sebin) avant d’être transférés dans un hôtel situé à Macuto, dans l’État de La Guaira, où ils devaient subir des examens médicaux et accomplir les formalités nécessaires au rétablissement de leurs documents administratifs.
Selon des informations rapportées par le quotidien espagnol El País, les migrants se trouvaient toujours dans cet établissement lorsque les violentes secousses ont commencé. Des survivants et des proches affirment que les agents du Sebin auraient refusé d’ouvrir les issues pour permettre une évacuation rapide, alors que le bâtiment menaçait de s’effondrer. Plusieurs familles soutiennent également que les premiers secours auraient été retardés. D’après les témoignages recueillis, seule une douzaine de personnes aurait survécu à l’effondrement de l’hôtel, un bilan qui n’a toutefois pas été confirmé officiellement par les autorités vénézuéliennes.
Ce drame a suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique. Quelques heures avant la catastrophe, les autorités vénézuéliennes avaient diffusé sur les réseaux sociaux des images montrant les migrants souriants à leur arrivée à l’aéroport de Caracas. Très rapidement, les publications ont été envahies par les messages de proches cherchant désespérément des nouvelles des rapatriés, avant que ne circulent les premiers témoignages évoquant l’effondrement du bâtiment et le nombre extrêmement réduit de survivants.
À l’échelle nationale, les conséquences du séisme restent dramatiques. Selon les Nations unies, le bilan provisoire dépasse 1 700 morts, tandis qu’environ 50 000 personnes sont portées disparues. De son côté, la NASA, grâce à l’analyse d’images satellitaires, estime que 58 870 bâtiments ont été détruits ou gravement endommagés dans les zones touchées. Face à cette situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) met en garde contre un risque accru d’épidémies, notamment de dengue et de fièvre jaune, en raison de la destruction des infrastructures sanitaires, des réseaux d’eau potable et des déplacements massifs de populations.
Alors que les opérations de recherche se poursuivent dans les régions sinistrées, les familles des migrants disparus réclament l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les circonstances exactes de cette tragédie. Les accusations visant le Sebin renforcent les interrogations sur les responsabilités des autorités dans un drame qui continue de susciter une forte émotion au Venezuela et au sein de la diaspora.
Samuel Richard KAKPO








