Au lendemain du sommet Afrique-France organisé à Nairobi, le président français Emmanuel Macron poursuit sa tournée africaine avec une escale ce mercredi 13 mai 2026 en Éthiopie, un pays qualifié d’« ami » par Paris. Il doit y rencontrer le Premier ministre Abiy Ahmed, à quelques semaines des élections générales éthiopiennes.

Le chef de l’État français est également attendu au siège de Union africaine à Addis-Abeba, où il prononcera un discours officiel, une première pour un président français dans cette institution. En 2019, Emmanuel Macron s’y était uniquement exprimé lors d’une conférence de presse. Cette visite sera marquée par une réunion tripartite réunissant Emmanuel Macron, Antonio Guterres et Mahmoud Ali Youssouf. Les échanges porteront notamment sur plusieurs crises qui secouent le continent africain, comme la situation au Mali ou la guerre au Soudan. Les questions liées au développement des énergies renouvelables figureront également à l’ordre du jour.
Sur le plan économique, Paris et Addis-Abeba souhaitent renforcer leur coopération. En février dernier, les deux pays ont signé un accord de restructuration de la dette éthiopienne ainsi qu’un programme de financement de 81 millions d’euros destiné à soutenir les réformes économiques engagées par le gouvernement éthiopien. Selon le ministère éthiopien des Finances, les investissements français en Éthiopie dépassent désormais 600 millions d’euros, dont plus de la moitié est consacrée au secteur énergétique.
La visite intervient aussi dans un contexte géopolitique stratégique pour la France. Alors que son influence recule dans plusieurs pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest, Paris cherche à renforcer sa présence en Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique. Depuis 2019, une mission militaire française est déployée en Éthiopie afin de former la marine éthiopienne, malgré l’absence d’accès du pays à la mer. Dans le quartier de Sidist Kilo, au nord d’Addis-Abeba, une réplique de navire militaire symbolise cette coopération entre les deux pays. L’accord militaire signé avec la France prévoit notamment des formations assurées par des militaires français, aussi bien en Éthiopie qu’à bord de bâtiments stationnés sur les bases navales de Toulon et Brest.
Cette coopération avait toutefois été suspendue au début de la guerre du Tigré fin 2020, avant d’être rétablie en 2023 après la signature de l’Accord de Pretoria. Pour Paris, l’objectif est également stratégique : disposer d’un partenaire dans la zone sensible du détroit de Bab-el-Mandeb, en mer Rouge, tout en limitant l’influence russe dans la région. Mais les tensions croissantes entre l’Érythrée et l’Éthiopie pourraient fragiliser cette coopération. Addis-Abeba revendique en effet un accès à la mer via le port érythréen d’Assab, faisant craindre une nouvelle confrontation entre les deux voisins. Une situation qui pourrait, une fois encore, remettre en cause les accords militaires franco-éthiopiens, rapporte Rfi.
Norbert MEGAN YAOVI








