En Australie, le groupe minier Fortescue a été condamné par la justice à verser plus de 100 millions de dollars à la communauté aborigène des Yindjibarndi. Il s’agit de la plus importante compensation financière jamais accordée dans le pays pour des dommages causés à des populations autochtones.

La décision concerne les activités minières menées dans la région du Pilbara, dans l’ouest du pays. Plusieurs infrastructures de Fortescue — notamment quatre mines de fer à ciel ouvert, une ligne ferroviaire, des décharges et des installations destinées aux déchets miniers — ont profondément transformé et endommagé les terres ancestrales des Yindjibarndi. Pour cette communauté autochtone, les conséquences dépassent largement les simples dégâts environnementaux ou matériels. Les zones détruites abritaient 124 sites sacrés liés aux ancêtres, aux rites traditionnels, aux sépultures et à la transmission culturelle entre générations.
Selon les témoignages présentés devant la Cour, plusieurs de ces lieux spirituels ont été excavés, recouverts par des routes ou ensevelis sous des infrastructures minières. Des anciens de la communauté ont décrit cette destruction comme une atteinte profonde à leur identité, à leur âme et à leur spiritualité. Dans sa décision, le juge a reconnu l’existence d’« importantes atteintes au patrimoine culturel et spirituel » du peuple Yindjibarndi, soulignant la gravité des dommages causés. Pour les représentants des peuples aborigènes, ce jugement constitue une décision historique et un symbole d’espoir pour de nombreuses communautés autochtones australiennes qui réclament encore réparation pour les conséquences d’activités minières passées ou toujours en cours.
Norbert MEGAN YAOVI








